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L'écrivassier commet aussi des nouvelles.

Pour l'instant une bonne vingtaine qui seront bientôt (on l'espère) publiées dans un livre.

De tous les genres bien sûr.

En voici quelques unes en texte pour les plus courtes et en lien pdf pour les plus longues.

ROBAUTEUR

 

Une nouvelle sur l'autocensure, l'intelligence artificielle mise au service de la littérature.

Ce n'est pas forcément une critique absolue du principe, on en a vu d'autres, mais une stimulation pour que les auteurs cerveaux réagissent et inventent quelque chose de mieux pour les distinguer.

Le thème de l'autocensure est aussi développé plus longuement dans un roman en cours d'écriture : La profondeur du lac Baïkal, et le thème de l'intelligence artificielle et des androïdes sera discuté dans la trilogie Evinia (la seconde partie est en cours de correction mais elle sera revue pour coller avec une suite et un préquel.

Bonne lecture !

ADJECTIF

Pour les fans du petit chaperon rouge, une déclinaison d'adjectifs :

CHARMEUR :  Salut ! dit le loup.

DEDAIGNEUSE : Salut ! répondit la petite fille avec son sac à dos.

CURIEUX : Tu viens d'où, comme ça ? Tu es perdue ?

FIERE : Non, je viens d'un livre.

DEÇU : Un livre ? En papier ?

HAUTAINE : Oui, et toi ?

HUMBLE : De la forêt, et j'ai une petite faim.

MALIGNE : Je m'en doute, mais moi je suis en papier et tu ne manges pas de papier ?

REALISTE : Non merci, je ne digère pas ça. Mais tu es vivante, toi, bien appétissante !

MATERIALISTE : Impossible pour du papier, il y a une incompatibilité

PLAISANTIN : Pourtant, on dit que les livres, on peut les dévorer.

ASTUCIEUSE : C'est quand on en a vraiment besoin, qu'on dit cela. Mais toi, tu n'as pas besoin de lecture !

REVOLTÉ : Tu crois que je ne sais pas lire ?

CALCULATRICE : Si bien sûr, tous les loups savent lire. Alors tu as vu le panneau ?

PIEGÉ : Quel panneau ?

MANIPULATRICE : Celui qui est juste derrière l'arbre, là à côté.

INTERROGATEUR : Et il dit quoi ce panneau ?

ANTICIPATRICE : Il ne parle pas. Et donc tu ne l'as pas vu.

CRAINTIF : Si, mais je n'avais pas compris. C'est un truc sur les chasseurs ?

PERSUASIVE : Sur les petites filles. Il faut s'en méfier. Les rouges surtout.

TEMERAIRE : Pourquoi ? Elles ne sont pas dangereuses et plutôt comestibles d'habitude.

MAGISTRALE : Tu fais comme tu veux mais c'est comme les champignons, les plus beaux sont les plus toxiques.

ASCENSEUR POUR LES CHATS FAUX

 

Marc était pressé, il ne prit même pas le temps de remercier la personne qui tenait la porte vitrée, facilitant son entrée dans l’immeuble. Il dut passer pour un goujat lui qui d’habitude était plutôt courtois et souriant. Là rien. Pas le temps. Il se trouvait un peu limite, et il s’en voulait de son comportement anormal. Il repensa encore au chat qu’il avait heurté avec son parechoc juste avant d’arriver. Peut-être l’avait-il évité tout compte fait ? Il ne savait plus.

Il scruta rapidement le hall d’entrée et se dirigea vers le coin où se trouvait l’ascenseur. Il se précipita sur le bouton d’appel et attendit. Le voyant s’était allumé, mais cela ne semblait pas calmer son impatience. Que cet ascenseur était lent ! Il venait d’où ? Du cinquième ?

Enfin il arriva et la porte s’ouvrit en coulissant les panneaux de la façade.

Fébrilement, Marc s’engouffra à l’intérieur, se cogna à une paroi et sous la douleur comprit enfin que tout cela était idiot. Il reprit sa respiration pour se calmer et cherchant calmement le bouton de l’étage 3. La porte se referma et la montée débuta.  Ascension. Arrêt.

Il était arrivé au 3e. La porte s’écarta et Marc se prépara à rejoindre cette fameuse réunion sur l’intelligence artificielle et la robotique à laquelle il souhaitait participer. Son retard était conséquent, mais tant pis. Il assumait sa bêtise et son erreur en se trompant sur son calendrier.

Tiens, ils ont tout repeint ? Tout en rouge ? Quelle idée !

On ne reconnait plus rien, la salle devrait être par là, il n’y a plus de signalisation évidemment.

Soudain le long du mur, il vit un chat, assis sur le sol qui lui parla.

— Je t’attendais.

Marc se mit à réfléchir. Pas mal les nouveaux modèles de robot, ils ont fait des progrès ! Il décida de jouer le jeu.

— Où est la salle ? demanda Marc en s’adressant à l’animal.

— Quelle salle ? répondit le chat. Il n’y a pas de salle.

— Avant hier, il y en avait une, dit Marc en souriant. Et une est réservée pour aujourd’hui. La réunion sur la robotique.

— Avant hier ? Qu’est-ce que cela veut dire ?

— On est vendredi. Donc mercredi il y avait une porte ici, et rien n’était rouge !

— Tout a toujours été rouge et il n’y a jamais eu de porte.

— Et celle de l’ascenseur ? dit Marc avec un petit sourire.

— Quel ascenseur ? insista le chat.

Marc comprit enfin, son imagination avait rejoint sa réalité. Quitte à perdre sa raison. Rouge même en fermant les yeux.

Le chien.

 

Berk, berk, berk, il commence à pleuvoir. Quelle idée de me sortir à cette heure-là ! Oui je sais, j'ai un manteau, et alors ?

Elle ne voulait pas que je sorte sans rien sur le dos, alors j'ai accepté. Non je n'ai pas l'air con, ce n'est plus la mode, je veux bien le croire, mais c'est toujours efficace. Le goudron mouillé n'a pas la même odeur, autant dire que ça pue. Heureusement, ma maîtresse n'aime pas trop le froid et la pluie, alors nous sommes rentrés dans un troquet pour qu'elle boive son petit café habituel. Même qu'elle m'a pris dans ses bras pour passer la porte. Ouais ça vous étonne, parce que je ne vous ai pas dit que je suis petit. Un petit chien, pas gros. Du genre trois kilos. Même avec le manteau. Bon. Donc on entre dans le café. Je connais bien sûr, c'est celui du coin de la rue, après le réverbère qui pue le chat. Il a un carrelage en petits carreaux jaunes et plein de tables, de sièges hauts qui longent le grand bar. Tout en long, et c'est bien éclairé avec la cuisine tout au fond. Ça sentait la sauce marchand de vin aujourd'hui, pas terrible, mais on ne peut pas tout avoir. Oh, tiens ! Qu'est-ce qui traine entre les pieds de tabourets ? Un truc vert, qui sent un peu la viande. Bof, un morceau de salade. Je renifle et je joue un peu avec, ma maîtresse doit être occupée à causer et à boire son petit café. Elle me dérange et m'empêche de jouer avec mon jouet. Elle le prend et le lance un peu plus loin. Zut elle me prend dans ses bras pour me placer sur un tabouret, les gens me regardent et je parcours les environs avec mon regard perçant. Trois clients éparpillés. L'un mange un plat avec la sauce, assis dans un coin au fond, un autre est assis à une table près du bar et il me regarde, sa tasse est vide. Il écrit sur un petit cahier. Le troisième tripote son téléphone, il a aussi un livre qu'il a délaissé pour son engin. De l'autre côté, il y a le bar, je peux le voir même si je suis petit. Ça brille beaucoup avec les verres, les bouteilles et le grand miroir derrière. Elle cause toujours. Le café sent fort. Elle me redépose par terre, et moi je recherche mon morceau de salade. Je le retrouve et je peux jouer un peu. Après, hop, je l'avale. Il sentait un peu la viande. Il y a des gens qui me regardent, et ils doivent trouver bizarre de voir un chien qui mange de la salade. Mais je ne suis pas n'importe quel chien. Eux je ne sais pas qui ils sont. Des clients. Moi, c'est Micky.

Escalier B, étage 3.

Une nouvelle un peu plus longue, entre policier et fantastique. Avec une bonne dose d'humour.