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DECODAGES

Comment lire le livre ? Qu'est-ce qu'a voulu dire l'auteur ?

Pourquoi a-t-il fait comme çà ?

Et vous, lecteur, l'avez-vous vu de cette façon ?

UGA 32

 

Je pense qu'il y a au moins 4 façon de lire le livre.

Du moins 4 façons de l'appréhender et de voir les messages.

La première est une vision scientifique, certes encore fictive, mais très probable avec la description du concept d'utérus artificiel, les modalités d'incubation, de la naissance, et même des robots envisagés pour faciliter les naissances naturelles. Donc un petit univers de science-fiction que j'ai essayé de documenter au mieux mais sans trop de développements pour ne pas sortir du sujet principal.

La seconde vision aborde le thème central. Il reste très philosophique et éthique car il met en question les relations homme femme dans un univers trop idéal où les différences de genre ont été effacées et où la maternité n'existe plus car remplacée par la gestation artificielle. Cet aspect est le plus documenté avec plusieurs références.

Un troisième aspect très proche du second est celui d'une vision féministe de l'héroïne. J'ai essayé de toujours séparer cet aspect de mon approche éthique pour montrer que les visions peuvent être différentes et qu'il y a plusieurs types de féminismes.

Un quatrième aspect et ce n'est pas le moindre car il structure toute l'histoire et même le rythme du roman en associant l'humour : c'est celui de l'évolution de Cathia, notre héroïne, banal personnage citoyenne de sa société, un peu introvertie, qui va se révéler peu à peu l'égérie d'un mouvement citoyen en trouvant une personnalité nouvelle grâce à sa relation avec Ewan.

Béatrice et la liberté

 

Un roman qui n'avait pas lieu d'être daté ni localisé. Je me suis focalisé sur l'idée principale qui était de débattre autour des notions de liberté et de consentement. A cela ce sont rajoutées les notions de désir et d'instrumentalisation.

Il était difficile de trouver une histoire contemporaine ou non qui puisse supporter toutes ces idées avec suffisamment de transparence pour laisser la primauté aux idées et non à l'histoire (dans un certain sens, le roman "Celle qui n'était pas assez noire" est à l'inverse de celui-ci car l'histoire y a été voulue comme une structure de base où se greffent des aspects philosophiques et éthiques).

Le conte philosophique devenait une solution me permettant de passer l'histoire au second plan (théorique) en me permettant des invraisemblances tout en gardant le fil essentiel avec une héroïne qui devenait presque par défaut une fée.

Donc toutes les situations imaginées le sont pour permettre une ouverture vers une réflexion philosophique ou éthique nouvelle.

J'ai gardé quand même un fil rouge pour mon histoire de façon à justifier les actions du maître Julian et à garder une fin classique où la fée gagne la partie.

Je parle plus de la forme dans la partie Livres/romans du site, mais, pour revenir à l'essentiel, l'association de dialogues philosophiques et de situations érotiques est très amusant à travailler, surtout avec la liberté du conte, mais difficile aussi car nécessitant de la précision et une compréhension immédiate pour les propos philosophiques, avec une retenue dans les situations qui ne doivent jamais tomber dans la facilité.

La profondeur du lac Baïkal

Je pense que c'est actuellement le roman qui a muri le plus longtemps dans ma tête (il sera sûrement battu par Anno Mundi dont nous reparlerons...plus tard). Sa publication était prévue en 2018 et il lui a fallu trois ans de plus pour voir le jour. L'idée était vague au départ : réaliser un mélange de réflexions en toute liberté sur la création littéraire. J'avais donc imaginé un univers à la fois réel et fabriqué, en mélangeant personnages, situations loufoques et réflexions créatrices d'un auteur qui cherche un fil qu'il ne trouve pas... À l'époque j'avais même proposé à mes héroïnes d'y participer plus activement pour leur laisser un peu de liberté... C'était le 1er novembre 2017 dans les râleuses.

 

– Promis vous aurez un livre qui vous laissera plein de liberté et vous ferez ce que vous voudrez !

– Ah oui ? Lequel et quand ? Ce sera la Profondeur du lac Baïkal, prévu en 2018, mais ne foutez pas le bordel, il faut une histoire qui se tienne.

 

J'avais déjà le titre définitif à l'époque alors que le titre originalement imaginé était "Les déshumains". Entre ce que l'on imagine et le résultat obtenu, il y a une sorte de gouffre, sorte de vallée de la mort qui rappelle le concept de Death Valley en recherche translationnelle (cela décrit le gouffre existant entre les résultats de la recherche fondamentale et la pratique quotidienne).

Alors il faut l'avouer, les idées évoluent avec le temps, et mon premier sujet s'est transformé peu à peu pour passer d'une réflexion philosophique bienpensante sur les relations humaines pour arriver à une réflexion philosophique sur la personnalité de tout un chacun lorsqu'on doit se reconstruire suite à un évènement qui révèle un cortège de problématiques.

Mes premières inspirations étaient cinématographiques et essentiellement issues des univers de Fellini. J'adore les situations à la fois crues et terre à terre avec des envolées poétiques et presque mystiques. On retrouve donc Roma et Huit et demi dans mes références. L'aspect plus délirant et volontairement décalé est plutôt tiré d'un monde tel que Brazil de Terry Gilliam que je pensais utiliser plus profondément dans ma version de départ. J'ai gardé ce côté "déplacé" en revenant vers les surréalistes, les pataphysiciens dont Boris Vian, Alfred Jarry et aussi Raymond Queneau. On retrouve ces références dans les musiques associées et dans d'autres romans.

J'espère que vous prendrez plaisir à lire ce livre et que vous comprendrez l'humour que j'ai voulu y introduire. Mes excuses pour ceux qui croirons aborder un livre de voyage et de découverte du lac Baïkal, titre imaginé pour insister sur l'incommensurable profondeur des univers décalés que l'imagination peut créer.

Soleils blancs

Le roman utilise des concepts très à la mode : écologie, fantasy, place de la politique. L’idée de départ est écologique, issue de la problématique du déni actuel et du manque de décision voire du recul devant l’importance du choix nécessaire. Le titre vient d’une pièce de théâtre originellement destiné à un public de jeunes pour les sensibiliser à la protection de la nature. J’ai mis le titre au pluriel pour éviter un doublon avec le titre d’une autrice. Le pluriel ne me gênait pas car j’utilise cette image à plusieurs endroits différents. J’ai hésité à faire un gros livre ou même deux. Cela m’aurait fait perdre l’intérêt de la juxtaposition des scénarios : je souhaitais proposer mon analyse à la fois dans le passé et dans l’avenir (passé et futur). Cela m’obligeait à limiter la description des univers pour en garder l’essentiel et conserver ainsi la richesse de la comparaison entre passé et futur et la réflexion proposée avec notre présent sans trop diluer et égarer le lecteur. Je n’ai donc pas voulu insister sur les descriptions de la ville de Manegar et de celle de Mango, même si cela aurait été intéressant. Pour aller dans mon sens, le mélange de fantastique (fantasy) et de science-fiction me séduisait. J’ai donc adapté le personnage de Nolwenn repris dans un précédent roman (Trigger) pour en faire l’héroïne du roman.

L’analyse principale est dans ces phrases :

« — Je dirais que Manegar était immature, avec un stade démocratique non atteint, une cité confinée dans l’opposition entre citoyens et esclaves avec une ligne rouge entretenue par un système disciplinaire de type féodal.

— Et Mango ?

— Sur Mango, le principe démocratique était dépassé et la cité est tombée dans un totalitarisme de fait. Donc curieusement deux cas opposés, mais avec des résultats identiques et une cause unique. ».

Enfin, j’ai voulu développer la notion de désobéissance civile pour en faire un moyen de défendre et rétablir la démocratie.

Celle qui n'était pas assez noire

 

C’est un de mes romans préférés.

Il y a à la fois une histoire (fiction) complète – celle de la vie d’une jeune femme, Angie – et un message fort, lisible de deux façons.

D’abord l’antiesclavagisme avec la destinée d’Angie, trop blanche pour être noire et trop noire pour être blanche, dans un univers colonialiste qui est celui des Indes occidentales (Antilles) au XVIIIème siècle.

La seconde vision est celle de l’histoire de cette époque avec la concurrence entre les trois puissances coloniales : Angleterre, Espagne, France.

Il me restait à faire le lien entre ces trois pays colonisateurs et les pirates violeurs de la mère d’Angie, dont l’un est son père. Ils seront tous les trois impitoyablement tués par la jeune femme qui va les chasser entre Grenade et La Nouvelle Orléans.

Le roman fourmille de contraires, de retournements de situation sur tous les aspects : la vie intime d’Angie, sa liberté, ses amis et ennemis... L’un des points les plus plaisants est que l’on suit Angie depuis sa jeunesse jusqu’à son ascension dans les milieux politiques de la Nouvelle Amérique.

J’ai pris un grand plaisir à faire les recherches nécessaires pour illustrer cette période.

Anecdote : Dans l’histoire, j’ai fait en sorte qu’Angie devienne l’ancêtre d’une autre héroïne : Ellen de la saga Pharmakon Jazz Tango.

 

Celle qui n’était pas assez noire©2018, auto-édition Pharmakon Jazz Tango.

Trigger

Après ma vie professionnelle, la tentation était forte d’écrire un roman sur les médicaments et les effets indésirables offrent un terrain très tentant pour construire une histoire. Cela aurait été peut-être facile ou pénible, alors j’y ai associé un aspect éthique (la protection des personnes dans les essais cliniques), une intrigue policière, et une ambiance fantastique faisant appel à la fantasie héroïque.

Un beau mélange qui rend la classification du roman très difficile, mais qui ne gêne pas l’auteur (qui n’aime pas les cases).

 

L’intrigue fait appel au monde des rêves (cauchemars plutôt), et à la puissance de l’imagination humaine qui va entrainer l’héroïne dans un monde parallèle de plus en plus réel et perturbant. Ses allers et retours entre réalité et fiction cauchemardesque sont facilités par l’effet indésirable médicamenteux qui a déclenché les troubles psychiques.

L’héroïne va devoir vivre une seconde réalité moyenâgeuse très difficile et elle va peu à peu s’apercevoir que le phénomène est sujet à la distorsion et que le cauchemar envahit le présent.

Anecdote : Parmi les personnages secondaires de cette histoire, j’ai retenu Nolwenn qui va devenir l’héroïne de Soleils blancs, roman tout aussi décalé et inclassable.

 

Trigger©2020, auto-édition Pharmakon Jazz Tango

Évinia

C’est un roman qui a grossi peu à peu, passant d’un premier épisode, à un ensemble associant une suite et un préquel. Évinia aborde de nombreux thèmes et je doute de pouvoir encore dire quel est le principal.  Je citerais l’éducation. Le lecteur jugera et sera tenté de choisir d’autres centres d’intérêt : la vie, l’intelligence artificielle, l’écologie, la coexistence pacifique...

Le décor est impressionnant et bien documenté avec des solutions permettant une autonomie et un recyclage de tout ou presque.

L’intrigue va faire voyager entre plusieurs périodes et deux héroïnes vont se succéder, et une troisième s’annonce dans le dernier chapitre.

Si l’éducation est un point clé, c’est parce qu’elle doit nous donner le moyen d’assumer notre responsabilité d’humain dans notre écosystème.

La question pendante est aussi la définition de la vie. J’ai choisi celle de la NASA mais on peut en donner une autre, mais est-ce nécessaire et vraiment utile ? La conscience a-t-elle aussi une définition ou des limites ? Une intelligence artificielle peut-elle devenir consciente ? Et qu’entend-on par là ?

Pour clore ce débat, notre intelligence humaine, est-elle limitée comme par un plafond de verre ? Pourrait-on facilement imaginer un être superintelligent et cohabiter avec lui ?

Anecdote : l’histoire commence à Reims.

 

Évinia©2023, Echo-éditions.

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