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  • Zambeze

Le chien

Nouvelle écrite le 22 novembre 2018 dans le train entre Paris et Epernay (18h30 -19h50). Inspirée d'une scène de la vie courante du même jour.

Berk, berk, berk, il commence à pleuvoir. Quelle idée de me sortir à cette heure-là ! Oui je sais, j'ai un manteau, et alors ?

Elle ne voulait pas que je sorte sans rien sur le dos, alors j'ai accepté. Non je n'ai pas l'air con, ce n'est plus la mode, je veux bien le croire, mais c'est toujours efficace. Le goudron mouillé n'a pas la même odeur, autant dire que ça pue. Heureusement, ma maîtresse n'aime pas trop le froid et la pluie, alors nous sommes rentrés dans un troquet pour qu'elle boive son petit café habituel. Même qu'elle m'a pris dans ses bras pour passer la porte. Ouais ça vous étonne, parce que je ne vous ai pas dit que je suis petit. Un petit chien, pas gros. Du genre trois kilos. Même avec le manteau. Bon. Donc on entre dans le café. Je connais bien sûr, c'est celui du coin de la rue, après le réverbère qui pue le chat. Il a un carrelage en petits carreaux jaunes et plein de tables, de sièges hauts qui longent le grand bar. Tout en long, et c'est bien éclairé avec la cuisine tout au fond. Ça sentait la sauce marchand de vin aujourd'hui, pas terrible, mais on ne peut pas tout avoir. Oh, tiens ! Qu'est-ce qui traine entre les pieds de tabourets ? Un truc vert, qui sent un peu la viande. Bof, un morceau de salade. Je renifle et je joue un peu avec, ma maîtresse doit être occupée à causer et à boire son petit café. Elle me dérange et m'empêche de jouer avec mon jouet. Elle le prend et le lance un peu plus loin. Zut elle me prend dans ses bras pour me placer sur un tabouret, les gens me regardent et je parcours les environs avec mon regard perçant. Trois clients éparpillés. L'un mange un plat avec la sauce, assis dans un coin au fond, un autre est assis à une table près du bar et il me regarde, sa tasse est vide. Il écrit sur un petit cahier. Le troisième tripote son téléphone, il a aussi un livre qu'il a délaissé pour son engin. De l'autre côté, il y a le bar, je peux le voir même si je suis petit. Ça brille beaucoup avec les verres, les bouteilles et le grand miroir derrière. Elle cause toujours. Le café sent fort. Elle me redépose par terre, et moi je recherche mon morceau de salade. Je le retrouve et je peux jouer un peu. Après, hop, je l'avale. Il sentait un peu la viande. Il y a des gens qui me regardent, et ils doivent trouver bizarre de voir un chien qui mange de la salade. Mais je ne suis pas n'importe quel chien. Eux je ne sais pas qui ils sont. Des clients. Moi, c'est Micky.

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